Pénélope et Marguerite

Laurent Bramardi - Lorenzo C.



Pagination > 144 pages
Format fermé > 21 cm x 21 cm
Impression intérieur > Bichromie
Papier intérieur > print speed 135 g
Impression couverture > quadrichromie
Papier couverture > carte 275 g
Pelliculage couverture > mat
Façonnage > broché avec rabats
Sortie > 30 octobre 2009
ISBN > 978-2-35419-021-7
Prix > 18,50 euros

... Marguerite n’ose plus rentrer. Alors ce soir elle va voir une pièce de théâtre, le ‘Retour d’Ulysse en sa Patrie’. Une pièce qui la touchera, faisant résonner en elle toutes ces choses tues, toutes ces douleurs quotidiennes – jusqu’à, enfin, lui apporter un apaisement inattendu.
Pénélope & Marguerite est très librement inspiré d’un magnifique livre de Marguerite Duras, La Douleur, où l’écrivain raconte son attente, puis le retour de son mari des camps de concentration. L’un des rares ouvrages qui n’évoque pas la douleur de ceux qui ont directement connu l’horreur des camps mais celle de leurs proches, celle des familles, des conjoints qui découvrent avec l’arrivée de ces survivants l’abjection des camps. Un complexe jeu de culpabilités, de hontes va alors s’établir : les déportés, leur entourage, puis l’armée, les politiques, tous, pendant plusieurs années, vont ainsi se taire. Ce mutisme de la libération, l’impossibilité du retour qu’ont décrit les déportés se devinent ainsi dans l’histoire intime de Marguerite et dans celle, réécrite, allégorique, de Pénélope. Dans les interrogations, les angoisses de Marguerite, c’est une intimité fragile et douloureuse que nous décrivent avec retenue les dessins de Lorenzo Chiavini et les mots de Laurent Bramardi . Dans la pièce qu’elle découvre, ce Retour d’Ulysse en sa Patrie étrange et particulier, c’est autant sa propre expérience que celle des déportés qu’ils évoquent alors. Dans cette mise en abîme de son histoire, dans les tirades d’une Pénélope qui lui ressemble étrangement, Marguerite trouvera les mots et la distance nécessaires pour apprendre à vivre avec cette connaissance toute nouvelle de la mort et de l’abandon – pour, enfin, ne plus se sentir responsable des souffrances de celui qu’elle aime, ou a aimé. Car l’une des questions que nous pose avec acuité cet ouvrage est : est-il encore possible d’aimer après cette expérience, avec cette connaissance nouvelle et aiguë de la fin ?
Laurent Bramardi est également le scénariste de Quatre avec Anton au dessin.


Revue de presse