Pierrot aux poches crevées

Mary Aulne - Mathieu Bertrand



Pagination > 72 pages
Format fermé > 21 cm x 21 cm
Impression intérieur > bichromie
Papier intérieur > offset 150 g
Impression couverture > quadrichromie
Papier couverture > Carte couché 300 g
Pelliculage couverture > pelliculé mat
Façonnage > broché
Sortie > 20 avril 2017
ISBN > 978-2-35419-093-4
Prix > 15 euros

Elle n’avait jamais vu ce garçon. Pourtant il était dans sa classe. Elle n’avait pas fait cela par méchanceté. Plutôt par indifférence. Ce qui est trop différent de soi, inconsciemment ou non, on fait tout pour ne pas le voir.
Et puis un jour, il vient lui parler. Pour elle, rien n’est plus comme avant. Maintenant, elle le voit, elle s’interroge sur lui, elle le sublime jusqu’à en tomber amoureuse, malgré elle, malgré tout ce qui les sépare.
Elle fait tout pour l’oublier. Elle l’évite. Elle se répète ses défauts. Ses cheveux en bataille, ses vêtements difformes, sa peau blanche de cadavre. Il représente tout ce qu’elle n’aime pas. Comme si la nature avait concentré en lui tout ce qu’elle ne peut pas supporter chez un garçon.
Elle qui est tellement expansive, rieuse, solaire…
Mais elle sent que derrière le personnage désinvolte et d’arrogant, se cache un cœur à la richesse brute. Comme monsieur Rochester dans Jane Eyre. L’attirance est plus forte et la jeune fille continue à penser à lui.
Les vacances arrivent. Elle se sent seule, perdue. Elle croit ne plus jamais le revoir. Même les sorties entre copines et les romans n’arrivent pas à lui faire passer son obsession de lui.
Quand il l’appelle pour lui proposer un rendez-vous, elle est transportée. Mais elle se met encore un point d’honneur à ne rien lui montrer.

Pierrot aux poches crevées, c’est l’histoire de deux existences comme il y en a tant. Des vies un peu bancales, auxquelles les personnages essaient de redonner un équilibre, chacun avec ses armes, ses croyances, sa beauté intérieure. Des vies aux antipodes l’une de l’autre, qui se croisent peut-être ou pas par hasard, et qui s’éloignent finalement avec cette question de l’empreinte que laisse le passage de l’autre.

Les personnages de mon histoire sont un peu des souvenirs de mon adolescence. Mais romancés bien sûr, pour accentuer leurs traits, pour les magnifier.
Ce garçon très grand et très pâle qui vivait dans un centre a vraiment traversé ma vie. Le mystère qui l’entourait telle une aura, était pour moi véritablement fascinant. Et puis il est parti et je me suis longtemps demandée ce qu’il était devenu.Pour mon histoire, j’ai voulu le confronter à une fille populaire. Son parfait contraire. Une fille aussi solaire que Pierrot est lunaire. Mais je ne voulais pas qu’elle soit superficielle, ni sûre d’elle. Alors je lui ai donné mes propres questionnements d’ado. J’ai relu mes pensées de lycéenne sur la puissance des mots, sur ma peur de ne pas être aimée et je les ai réécrites.

Extrait :
La situation était devenue gênante.
On aurait pu nous voir.
Je ne voulais pas qu’on nous voie.
Faut pas parler avec les loosers.
C’est la loi.
Si tu traines avec un looser, tu deviens un looser.
C’est comme si tu approches de trop près un pestiféré.
Pour éviter de propager la maladie au reste du groupe,
le groupe te bannit.


Revue de presse