Fausse route

Joseph Incardona - Vincent Gravé

Fausse route nouvelle édition – nouveau prix



Pagination > 232 pages
Format fermé > 17 X 24
Impression intérieur > n&b
Papier intérieur > munken lynx 130 g
Impression couverture > quadrichromie
Papier couverture > carte 300 g
Pelliculage couverture > mat
Façonnage > broché
Sortie > mars 2014
ISBN > 978-2-35419-070-5
Prix > 16 euros

Antonio Bobino, dit "Bobo ", s'est échappé de prison. Il est environ 22 heures, c'est l'hiver. L'histoire commence à ce moment là . Près d'un hameau, il aperçoit une Plymouth garée et une jeune femme dans un cabine téléphonique. Il décide de se cacher dans le coffre. Seulement voilà  : à la lumière de l'ampoule, Bobo découvre le corps d'un homme d'une cinquantaine d'années ficelé et sans connaissance...

« Fausse route », ce sont deux histoires qui vont se fondent en une seule. Deux parcours de vie qui se croisent soudain, deux tragédies qui vont se renforcer pour une lente descente aux enfers que l’un des protagonistes va payer cash. C’est l’histoire d’une malchance, de la mauvaise personne rencontrée au mauvais endroit.
Fausse route a été sélectionné pour le Prix COGNAC du Meilleur Album One Shot 2008.

Autres titres de Vincent Gravé
Petites Coupures est le second album du duo Joseph Incardona / Vincent Gravé paru en janvier 2009. Ils y abordent cette fois l’univers en huis-clos et oppressant de la boxe dans les années 1940. L'album a obtenu le Prix Cognac du meilleur One-shot en 2009.
Requiem pour un Champion , troisième album de Vincent Gravé : un album-concept incluant un cd 13 titres avec la complicité de Boulbar, auteur-compositeur-interprète.

La première page suffit à nous rassurer : le voyage dans cette ‘Fausse route’ va être inoubliable. Dès ses premiers traits, Vincent Gravé instaure une ambiance glacée, pesante, qui colle aux basques du lecteur tout au long de cet album haletant. Poursuivi par ses implacables geôliers, Bobo le détenu court dans la nuit sombre, au milieu d’un décor lugubre, à peine apaisé par une couche de neige dangereuse, qui le gèle à chaque foulée. Autour de lui, le dessinateur esquisse, d’un trait hargneux et vif, comme à main levée, une nature inquiétante, peuplée d’arbres morts et de corbeaux moqueurs, ou des friches industrielles désincarnées, vestiges qu’une civilisation que l’évadé tente de retrouver. Comme esquissée dans une suie poisseuse, expressionniste jusque dans le lettrage, l’esthétique de l’album semble porter en elle toute la rage et la frustration de l’homme à la tenue rayée. Et si quelques effets, comme ce molosse déformé qui poursuit l’enfermé qui ne veut plus l’être, semblent exagérés, ils concourent en fait à créer une atmosphère agressive, angoissante, presque fantastique parfois. La réussite de cet album est d’autant plus aboutie que cette ambiance graphique remarquable porte une écriture efficace, confiée à un habitué du genre : le romancier Joseph Incardona. Ses mots bien pesés sont simples, efficaces, et quelques trouvailles, comme ces phrases sans illustrations qui concluent chaque chapitre, accentuent encore leur poids. Le scénario, finalement très classique, dans la plus pure ambiance noire, tient la distance avec aisance, et, même si l’on sait que cela ne peut que mal finir, parvient tout de même à nous marquer dans son dénouement. Alliance d’une écriture sûre d’elle, parfaitement maîtrisée, et d’un noir et blanc absolument sublime, ‘Fausse route’ s’apparente à ce qui se fait de mieux lorsque le 9e art adapte les codes du polar.
Mikaël Demets pour Evène