1946, quelque part dans l’Est de la France. Vladyslax Konczak (dit Vlad) est un grand dadais rapatrié d’Angleterre après des années passées à la guerre. De retour chez sa mère, il passe un entretien d’embauche pour travailler à La mine du Paradis. Ce sera le début de sa longue carrière au fond, alors qu’il n’a jamais voulu extraire le minerai.
Dans les cités Rouges Lisette Bianchi 14 ans, fille d’immigrés italiens, rêve de liberté. Non, elle ne fera pas l’école ménagère pour apprendre à repasser les culottes de son mari. Elle préfère travailler : livrer des journaux et faire le ménage. Mais dans les Cités minières on reste à sa place, on n’apprécie pas celui ou celle qui fait différemment. C’est en gros le message transmis à nos deux protagonistes en ce début des Trente Glorieuses.
Un album drôle et sensible. Avec Culottes et wagonnets, Tomek Heydinger s’inspire d’histoires à la fois familiales et régionales, mais qui dépeignent de manière plus large, une mémoire française. Une époque révolue mais encore très présente dans les régions rurales du Nord. L’enjeu est de parler des gens ordinaires, dans un milieu peu décrit en bandes dessinées, raconter ces familles d’ouvriers de père en fils, puis les fermetures des usines, voir poindre les changements, comme l’émancipation des jeunes femmes (qui désirent autre chose que se marier, faire la popote tout en s’occupant de toute une marmaille). Donner à lire ce récit est aussi se plonger dans une époque et une région riche mais assez méconnue pour tous ceux qui, géographiquement, en sont éloigné.























